En bref

  • Le festonnage est une tôle pleine fixée derrière les barreaux d'un portail, dont le bord supérieur est découpé en arcs, en vagues ou en pointes. Il occulte et décore en même temps.
  • Acier, aluminium ou PVC : l'acier est le plus rigide mais pèse près de trois fois plus que l'aluminium à épaisseur égale, ce qui compte pour des gonds anciens ou une motorisation.
  • La pose sans percer les barreaux se fait par étriers ou contre-plaques serrés autour des traverses. Un trou dans un acier galvanisé doit être retouché, sinon la rouille part de là.
  • Une surface pleine prend le vent : un vantail de 1,5 m² occulté peut subir une poussée de l'ordre de 70 kg par forte rafale. Gonds, butées et moteur doivent le supporter.

Le festonnage consiste à fixer derrière les barreaux d’un portail une tôle pleine dont le bord supérieur est découpé en arcs, en vagues ou en pointes. Il sert à occulter la vue sans renoncer à l’aspect ferronnerie. La tôle se pose sur un portail existant, sans en percer les barreaux, à condition de choisir un matériau que les gonds et l’éventuel moteur peuvent porter, et de tenir compte du vent, qui devient le vrai sujet une fois le portail plein.

Ce qu’est un festonnage, et ce qu’il n’est pas

Un feston est, en ornementation, un motif en arc répété le long d’un bord. Appliqué à un portail, le mot désigne la découpe du haut de la tôle d’occultation, celle qu’on voit passer entre les barreaux. Par extension, on appelle festonnage l’ensemble de la tôle, et « portail festonné » un portail qui en est équipé.

Le festonnage se distingue de deux solutions voisines. Le brise-vue tendu, en toile ou en lamelles, se fixe par attaches souples et se change tous les quelques étés ; il n’a pas de tenue structurelle. Le remplissage plein d’un portail neuf, en lames ou en panneau, est intégré au cadre dès la fabrication. Le festonnage, lui, est un ajout rigide sur un portail existant, ce qui fait tout son intérêt et toutes ses contraintes.

On le rencontre sous deux formes. Le festonnage bas couvre le tiers ou la moitié inférieure du portail : il arrête le regard des passants, la poussière de la rue et les petits animaux, tout en laissant voir la maison. Le festonnage haut monte presque jusqu’aux pointes des barreaux, et seule la découpe laisse passer la lumière : l’occultation est alors quasi totale.

Choisir le matériau : le poids décide plus que l’aspect

Les trois matériaux proposés ne se valent pas sur un portail ancien. Le critère qu’on néglige est la masse ajoutée, parce qu’elle s’ajoute à celle d’un vantail que les gonds portent déjà en porte-à-faux depuis des années.

Les masses ci-dessous sont calculées à partir des masses volumiques des métaux. Elles ne dépendent d’aucun fabricant.

MatériauÉpaisseur couranteMasse au m² (calculée)Points fortsPoints faibles
Acier galvanisé, thermolaqué1,5 mmenviron 11,8 kgRigide, soudable, s’accorde au fer forgéLourd ; rouille au moindre éclat de peinture non retouché
Acier galvanisé, thermolaqué2 mmenviron 15,7 kgTrès rigide, ne vibre pasCharge nettement les gonds
Aluminium thermolaqué2 mmenviron 5,4 kgLéger, ne rouille pasSe déforme au choc ; dilate deux fois plus que l’acier
Aluminium thermolaqué3 mmenviron 8,1 kgBon compromis rigidité et poidsDécoupe plus coûteuse
PVC ou compositevariablevariable selon la structureAucun entretienSe voile au soleil, tenue au vent limitée

Pour un vantail de 1,5 m sur 1 m festonné sur toute la surface, l’écart entre l’acier de 2 mm et l’aluminium de 2 mm dépasse 15 kg. Sur des gonds scellés il y a quarante ans, ou sur un pilier dont le joint est déjà fissuré, cette différence n’est pas un détail.

L’aluminium sur un portail en acier impose une précaution. Les deux métaux en contact, en présence d’humidité, forment un couple qui corrode l’aluminium. On intercale des rondelles isolantes et on emploie une visserie en inox, jamais en acier zingué.

Poser sans percer les barreaux

Un barreau percé est un barreau affaibli, et sur un acier galvanisé, un trou est surtout une porte d’entrée pour la rouille : la couche de zinc protège par sa continuité, et le perçage la coupe. Tout l’art de la pose consiste donc à percer la tôle, préparée à plat, et à fixer autour de la structure plutôt qu’au travers.

Trois modes de fixation se partagent le terrain :

  • L’étrier en U entoure un barreau ou une traverse et se serre par deux écrous à travers la tôle. C’est la solution la plus courante sur les barreaux ronds ou carrés.
  • La contre-plaque est une platine placée de l’autre côté de la traverse, reliée à la tôle par deux boulons qui passent de part et d’autre du profil. Elle convient aux traverses plates et larges.
  • Le collage structural au mastic polymère complète une fixation mécanique, pour supprimer les vibrations. Utilisé seul, il ne tient pas face aux efforts du vent et aux cycles de dilatation.

La pose suit un ordre simple :

  1. Relever les cotes entre montants et entre traverses, au millimètre, en trois points : un vieux portail n’est jamais d’équerre.
  2. Tracer les fixations sur les traverses plutôt que sur les barreaux, qui sont plus fins et plus nombreux. Compter une fixation tous les 40 à 50 cm environ sur le pourtour, et une rangée intermédiaire si la tôle dépasse un mètre de haut.
  3. Percer la tôle à plat, en trous oblongs sur les fixations d’un côté, pour laisser la tôle dilater. Ébavurer et retoucher chaque trou.
  4. Présenter la tôle à deux personnes, serrer d’abord les fixations centrales, puis celles des bords.
  5. Contrôler le fonctionnement du vantail : ouverture complète, fermeture sur la butée, passage au-dessus du sol si la tôle descend bas.

Si un perçage du portail lui-même est inévitable, on le retouche aussitôt à la peinture riche en zinc, dite galvanisation à froid, avant la finition. C’est le geste qui décide si le portail rouillera dans deux ans ou dans vingt.

La dilatation et le bruit : les deux défauts d’une tôle mal fixée

Une tôle exposée plein sud passe d’une nuit fraîche à une surface brûlante en quelques heures. Avec les coefficients usuels, une tôle d’acier de 1,5 m s’allonge d’environ 0,9 mm pour 50 °C d’écart, une tôle d’aluminium d’environ 1,7 mm. Fixée rigidement aux quatre coins, elle se bombe, et la peinture finit par craqueler autour des fixations. Les trous oblongs d’un côté règlent le problème.

Le second défaut est le bruit. Une grande surface mince, tenue seulement sur son pourtour, se comporte comme une peau de tambour : elle vibre au vent et résonne à chaque fermeture. Une rangée de fixations intermédiaire, des patins en caoutchouc entre la tôle et les barreaux, ou une tôle pliée en bordure pour la raidir suffisent en général. Ce phénomène est le même que celui qui fait claquer certains volets en aluminium, décrit dans notre article sur les inconvénients du volet battant en aluminium.

Le vent : ce que le festonnage change pour les gonds et le moteur

Un portail à barreaux laisse passer l’air. Un portail festonné l’arrête, et toute la poussée du vent se reporte sur les gonds, la butée et le pilier. C’est la conséquence la moins annoncée et la plus coûteuse de l’occultation.

Pour fixer un ordre de grandeur, la pression dynamique du vent se calcule par la formule q = ½ ρ v². Les valeurs ci-dessous en découlent directement, pour une surface pleine perpendiculaire au vent. Elles servent à comparer, pas à dimensionner.

Vitesse du ventPression dynamiquePoussée sur 1,5 m² plein (un vantail festonné haut)Poussée sur 3 m² plein (un portail deux vantaux)
50 km/henviron 12 kg/m²environ 18 kgenviron 36 kg
80 km/henviron 31 kg/m²environ 46 kgenviron 92 kg
100 km/henviron 48 kg/m²environ 72 kgenviron 145 kg

Ces efforts s’appliquent avec un bras de levier, au bout du vantail, et par à-coups. Un portail ouvert pendant une rafale se comporte comme une voile. Trois vérifications s’imposent donc avant de festonner haut :

  • Les gonds et leur scellement : un gond qui bouge déjà dans le pilier ne supportera pas la charge supplémentaire. Le type de gond et son réglage se reconnaissent comme ceux d’une porte, voir notre guide pour reconnaître un type de paumelle ou de gond.
  • Les arrêts de vantail en position ouverte : sans eux, le vent claque le portail contre le mur ou le referme sur une voiture.
  • Le moteur, s’il y en a un. Les notices de motorisation de portail battant limitent la longueur et le poids des vantaux, et beaucoup demandent une vérification particulière pour un vantail plein. Un moteur calibré pour un portail ajouré peut se mettre en sécurité à chaque coup de vent, ou forcer.

Au-delà d’un festonnage bas sur un portail léger, ou en site exposé, en bord de mer ou en crête, la tenue du pilier se fait vérifier. Le coulissant pose d’ailleurs le même problème, comme le rappelle notre article sur la tenue au vent du volet coulissant.

Urbanisme et voisinage : la question à poser avant de commander

Festonner un portail ne demande pas d’autorisation dans la plupart des communes. Deux exceptions existent. Le code de l’urbanisme soumet les clôtures à déclaration préalable dans certains secteurs protégés, comme les abords de monuments historiques et les sites patrimoniaux remarquables, ainsi que dans les communes qui l’ont décidé par délibération. Le plan local d’urbanisme, de son côté, peut imposer un aspect, une couleur ou une part de vide sur les clôtures donnant sur rue.

Un règlement de lotissement ou de copropriété horizontale peut aussi fixer l’aspect des portails. Une question au service urbanisme de la mairie, plan du portail à la main, évite de devoir démonter une tôle posée.

Quand renoncer au festonnage

Le festonnage n’est pas la bonne solution partout. Sur un portail dont les montants sont rongés à la base, la tôle masquera la rouille sans l’arrêter, et la charge supplémentaire accélérera la ruine. Sur un pilier qui a déjà pris du jeu, il faut reprendre la maçonnerie d’abord.

Et si l’occultation totale est l’objectif sur un portail motorisé très exposé, un remplacement par un portail plein conçu comme tel, avec des gonds, un cadre et un moteur dimensionnés pour une surface pleine, revient souvent plus sûr qu’un ajout sur une structure pensée pour laisser passer l’air.

Questions fréquentes

Qu'est-ce qu'un portail festonné ?

C'est un portail à barreaux dont une partie est occultée par une tôle pleine, fixée derrière les barreaux, et dont le bord visible est découpé en festons : arcs, vagues ou pointes. Le festonnage peut couvrir le bas du portail seulement ou monter presque jusqu'aux pointes des barreaux.

Peut-on festonner un portail existant sans le percer ?

Oui, en fixant la tôle par des étriers ou des contre-plaques boulonnées qui prennent la traverse ou le barreau en sandwich, sans le traverser. Le perçage n'est alors nécessaire que dans la tôle elle-même, qu'on prépare à plat avant la pose. Un collage seul ne tient pas dans la durée face au vent.

Faut-il une autorisation pour festonner son portail ?

Pas en règle générale. Une déclaration préalable est toutefois exigée pour les clôtures dans certains secteurs protégés et dans les communes qui l'ont décidé. Le plan local d'urbanisme peut aussi imposer un aspect ou un pourcentage de vide sur rue. La mairie répond en une question.

Quel matériau choisir pour un festonnage ?

L'acier galvanisé et thermolaqué s'accorde le mieux avec un portail en fer, et il est le plus rigide. L'aluminium est trois fois plus léger et ne rouille pas, ce qui le désigne pour un portail motorisé ou aux gonds fatigués. Le PVC et le composite sont réservés aux petites surfaces peu exposées.

Sources et méthode

  • Masses volumiques de l'acier (environ 7 850 kg/m³) et de l'aluminium (environ 2 700 kg/m³), coefficients de dilatation thermique usuels de ces deux métaux
  • Pression dynamique du vent calculée par la formule q = ½ ρ v², avec une masse volumique de l'air de 1,225 kg/m³ ; ordre de grandeur, pas un calcul de structure
  • Code de l'urbanisme, article R421-12 : cas où l'édification d'une clôture est soumise à déclaration préalable
  • Principes de la corrosion galvanique entre métaux différents et de la protection des aciers galvanisés après perçage