En bref

  • L'aluminium s'allonge de 23 micromètres par mètre et par degré (Eurocode 9) : un vantail de 1,20 m qui passerait de 20 à 70 °C au soleil gagnerait environ 1,4 mm. Assez pour coincer un vantail posé trop juste.
  • Le vantail aluminium est léger : il démarre au moindre souffle et claque si ses arrêts sont usés. Le bois, plus lourd, est plus silencieux.
  • Le vrai problème de long terme est la pièce détachée : une lame est un profilé propre à une gamme, et une gamme abandonnée oblige à refaire le vantail.
  • En bord de mer, c'est la préparation du métal avant laquage qui tient ou non : demandez un traitement qualifié pour atmosphère marine (Qualicoat Seaside, label Qualimarine) écrit sur le devis.
  • L'aluminium reste le bon choix sur les grands vantaux et les façades très exposées, là où le bois demande un entretien suivi.

L’aluminium ne pourrit pas, ne gonfle pas et ne se repeint pas tous les cinq ans : c’est pour cela qu’il a remplacé le bois sur une bonne partie des façades récentes. Ses inconvénients existent pourtant, et ils ont un point commun : aucun ne se voit le jour de la pose. La dilatation apparaît au premier été, le claquement au premier coup de vent, et le vrai problème, la pièce détachée, dix ans plus tard quand une lame est enfoncée.

Ce que l’aluminium fait quand il chauffe

Un métal s’allonge en chauffant, et l’aluminium plus que l’acier : l’Eurocode 9 retient un coefficient de 23 micromètres par mètre et par degré. Le calcul se fait de tête.

Prenons un vantail de 1,20 m de haut, laqué gris anthracite, exposé plein sud. Supposons que sa surface passe de 20 °C le matin à 70 °C en plein après-midi d’été, ce qui n’a rien d’exceptionnel pour une teinte sombre au soleil. L’allongement vaut 23 × 10⁻⁶ × 1,20 × 50, soit environ 1,4 mm.

Un millimètre et demi ne casse rien. Mais il suffit à faire frotter un vantail posé avec un jeu trop juste, à durcir une espagnolette réglée en avril, ou à faire chanter un arrêt. Les teintes claires montent moins haut en température et bougent donc moins : c’est l’argument le plus concret en faveur d’un blanc ou d’un gris clair sur une façade très exposée.

Le bruit : deux phénomènes qu’on confond

Les avis négatifs mélangent souvent deux bruits différents.

  • Le claquement au vent. Un vantail aluminium est léger. Il démarre au moindre souffle et vient taper plus sec qu’un vantail bois, plus lourd. Ce n’est pas un défaut du matériau, c’est une conséquence de sa légèreté. La parade est mécanique : des arrêts de volet en bon état, bien réglés, et une espagnolette qui serre. La norme NF EN 13659 classe d’ailleurs les volets selon leur résistance au vent, une ligne à demander sur la fiche technique.
  • Le « tic » thermique. Il survient sans vent, souvent en fin de journée. Les lames et le cadre se dilatent à des vitesses différentes, l’assemblage retient la contrainte puis la lâche d’un coup. Une lame remplie de mousse claque moins qu’une lame creuse, mais aucun volet aluminium n’en est totalement exempt.

Le vent agit aussi sur les gonds. Un vantail plein, fermé en plein vent, travaille comme une voile et fatigue ses pentures, comme le fait une tôle de festonnage sur un portail ; l’effet est décrit dans notre page sur le festonnage de portail.

La rosée du matin et le confort d’été

L’aluminium conduit très bien la chaleur. Une lame refroidit la nuit jusqu’à la température de l’air, parfois en dessous par ciel dégagé, et se couvre de rosée au lever du jour. C’est sans gravité pour le volet.

Cela devient gênant dans deux cas. Sur un volet fermé contre une fenêtre, l’eau ruisselle vers l’appui et entretient une humidité dans la feuillure ; la maçonnerie en souffre plus que le volet. Et sur une lame à remplissage abîmée, l’eau entre par la blessure et ne ressort pas.

Côté confort d’été, il faut rester juste. Un volet fermé protège d’abord parce qu’il fait de l’ombre et crée une lame d’air devant la vitre. Sur ce plan, un volet en aluminium, en bois ou en PVC fermé et ventilé par l’arrière font un travail voisin. Le bois isole un peu mieux par lui-même, mais l’écart se joue surtout quand le volet est fermé la nuit en hiver, pas en plein soleil.

Le vrai problème de long terme : la pièce détachée

C’est l’inconvénient dont personne ne parle au devis, et le seul qui coûte vraiment. Une lame de volet aluminium est un profilé extrudé propre à un fabricant et à une gamme. Ni sa largeur, ni la forme de son emboîtement, ni sa teinte exacte ne sont standardisées. Quand une lame est enfoncée par une échelle ou un choc, trois situations se présentent.

SituationCe qui est possible
Gamme toujours au catalogueLame commandée à l’identique et remplacée
Gamme abandonnée, teinte couranteVantail refait, l’autre conservé
Teinte introuvable ou volet ancienLes deux vantaux refaits pour rester assortis

Un volet en bois se répare autrement : une lame se refait sur mesure, une écharpe se remplace, et la peinture masque le raccord. Un volet aluminium ne se répare pas, il se remplace, et le remplacement dépend de ce que le fabricant tient encore. Avant de signer, demandez combien de temps la gamme et ses teintes restent disponibles en pièces détachées, et notez la référence exacte du profilé et du RAL.

Le laquage, et le cas du bord de mer

La finition d’un volet aluminium est cuite en usine sur le profilé nu. Elle tient longtemps, mais elle ne se retouche pas : une rayure jusqu’au métal reste visible.

En atmosphère marine, la question change de nature. L’air salin attaque l’interface entre le métal et la couche de finition, et un défaut de préparation se paie par des cloques et un décollement. La bonne question au devis n’est donc pas la couleur mais le prétraitement. Le label Qualicoat prévoit une classe « Seaside » pour ce prétraitement renforcé, et le label Qualimarine vise en France les menuiseries laquées destinées au bord de mer. Faites écrire l’un ou l’autre sur le devis, avec ce que couvre la garantie du laquage.

Aluminium, bois ou PVC : le tableau honnête

Chaque matériau a son terrain. Le tableau ci-dessous ne note pas, il dit où chacun se défend.

CritèreAluminiumBoisPVC
EntretienLavage ; laquage non retouchablePeinture ou lasure à reprendre régulièrementLavage ; teinte qui peut se ternir
Grands vantauxTient sa géométrieTravaille avec l’humiditéPlus souple, fléchit davantage
Bruit au ventLéger, claque si les arrêts sont usésLourd et silencieuxIntermédiaire
Réparation d’une lameRemplacement à l’identique, si la gamme existeLame refaite sur mesureRemplacement à l’identique
Secteur protégéParfois refuséSouvent imposéParfois refusé
Bord de merPrétraitement marin indispensableEntretien plus fréquentBonne tenue au sel

La ligne « secteur protégé » mérite une vérification avant tout devis : le règlement local d’urbanisme et l’avis de l’architecte des Bâtiments de France, quand il s’applique, peuvent imposer le matériau et la teinte des volets.

Quand l’aluminium reste le bon choix

Rien de ce qui précède ne condamne le matériau. Il faut savoir où il fait mieux que les autres.

  1. Sur les grands vantaux. Le bois travaille et le PVC fléchit davantage ; l’aluminium tient sa géométrie.
  2. Sur les façades très exposées. Pluie battante, plein sud, altitude : l’absence de peinture à reprendre devient un argument financier réel.
  3. Quand personne ne veut repeindre. Un volet bois demande des reprises régulières selon l’exposition. Le calcul se fait sur vingt ans, pas sur le prix d’achat.

À l’inverse, sur une maison ancienne, en secteur protégé ou sur de petites fenêtres abritées, l’aluminium n’achète pas grand-chose, et le bois reste souvent imposé par le règlement local. Le battant n’est pas non plus la seule option : quand la façade manque de place pour rabattre les vantaux, le volet coulissant libère le tableau mais apporte ses propres contraintes, détaillées dans les inconvénients du volet coulissant.

Dernier point de compatibilité, souvent oublié : une moustiquaire posée dans l’embrasure peut empêcher un vantail de se rabattre à plat. Si vous prévoyez les deux, vérifiez la profondeur disponible avec la méthode décrite dans la moustiquaire sur mesure.

Questions fréquentes

Quel est le meilleur matériau pour des volets battants ?

Cela dépend de la façade. L'aluminium tient sa forme sur les grands vantaux et ne demande pas de peinture ; le bois se répare lame par lame, se repeint et reste souvent imposé en secteur protégé ; le PVC est économique mais plus souple sur les grandes dimensions. Le climat et le temps qu'on accepte de consacrer à l'entretien décident.

Volet battant alu ou PVC : lequel choisir ?

L'aluminium tient mieux la géométrie sur un grand vantail et les teintes foncées au soleil. Le PVC coûte en général moins cher et suffit pour des fenêtres de taille courante, en teinte claire. Fermés, les deux protègent du soleil de la même façon, par l'ombre et la lame d'air qu'ils créent.

Quelle est la durée de vie d'un volet battant en aluminium ?

Le métal ne pourrit pas ; ce qui vieillit, c'est le laquage et la quincaillerie. La durée réelle dépend de la qualité du prétraitement, de l'exposition et de l'entretien des gonds et des arrêts. Le repère le plus concret est la durée de garantie du laquage écrite sur le devis, et ce qu'elle couvre en bord de mer.

Pourquoi mes volets en aluminium font-ils du bruit sans vent ?

Ce sont des bruits de dilatation. Les lames et le cadre ne chauffent pas à la même vitesse, glissent l'un contre l'autre et se libèrent d'un coup : cela donne un « tic » sec, surtout en fin d'après-midi. Le phénomène est plus marqué sur les teintes foncées, qui montent plus haut en température.

Peut-on repeindre un volet battant en aluminium ?

Oui, mais pas avec une peinture ordinaire. Il faut dégraisser, poncer légèrement pour créer une accroche, appliquer un primaire pour métaux non ferreux, puis une finition compatible. Le résultat ne retrouve pas la tenue d'un laquage d'usine, cuit sur le profilé nu.

Sources et méthode

  • NF EN 1999-1-1 (Eurocode 9), calcul des structures en aluminium : coefficient de dilatation thermique linéique de 23 × 10⁻⁶ par kelvin ; l'exemple de 1,4 mm en découle par calcul, pour un écart de température supposé de 50 °C
  • NF EN 13659, fermetures pour baies équipées de fenêtres : exigences de performance des volets, dont la résistance au vent
  • Qualicoat, label de qualité du thermolaquage de l'aluminium, et sa classe « Seaside » pour le prétraitement en atmosphère marine ; label Qualimarine (France) pour les menuiseries laquées en bord de mer
  • Aucun prix n'est donné : les tarifs de lames et de vantaux de remplacement n'ont pas pu être relevés auprès d'un distributeur nommé à la date de mise à jour