En bref
- Un portail sur rail demande une longrine continue sur toute la course : la largeur du passage plus tout le refoulement, soit environ deux fois l'ouverture.
- Un portail autoportant n'a pas de longrine : un massif en béton, dans la zone de refoulement, porte les deux chariots de galets et fait contrepoids. Son volume est donné par la notice.
- Le fond de fouille descend sous la profondeur hors gel locale, de l'ordre de 50 cm en climat doux à 80-90 cm dans l'Est et davantage en altitude.
- La gaine du moteur se pose avant le coulage. Oubliée, elle oblige à saigner la longrine neuve.
La fondation d’un portail coulissant dépend d’abord du système : sur rail, c’est une longrine en béton armé continue sur toute la course, soit environ deux fois la largeur du passage ; en autoportant, c’est un massif plus court, sous les deux chariots de galets, qui sert aussi de contrepoids. Dans les deux cas, on descend sous la profondeur hors gel, on ferraille, on passe la gaine du moteur avant de couler, et l’on attend que le béton ait durci avant de poser. Les cotes précises, elles, viennent de la notice du portail et de celle de la motorisation.
Rail ou autoportant : deux ouvrages différents
Avant de creuser, il faut savoir quel portail on achète. Le choix entre un rail au sol et un modèle autoportant change la forme du béton, et il se fait sur la place disponible, la pente et le seuil recherché, comme l’explique notre guide sur le seuil d’un portail coulissant.
| Portail sur rail | Portail autoportant | |
|---|---|---|
| Ouvrage | Longrine continue, sous le rail | Massif ponctuel, sous les chariots de galets |
| Longueur | Passage + refoulement + marge | Une partie du refoulement seulement |
| Rôle | Porter le rail rectiligne et de niveau | Porter les galets et équilibrer le porte-à-faux |
| Dans le passage | Béton sur toute la largeur | Rien : l’allée reste telle quelle |
| Ce qui le dimensionne | Poids du portail, nature du sol | Poids et longueur du vantail, selon la notice |
Le fabricant SIB le résume pour son autoportant Arial C : « aucune longrine nécessaire », seulement un socle en béton qui joue un rôle de contrepoids pour fixer les deux galets. Les recommandations sur le volume de ce bloc renvoient à la notice de montage du modèle. C’est la règle générale : sur un autoportant, on ne dimensionne jamais le massif de tête.
La longueur : toute la course, d’un seul tenant
Sur rail, la roue arrière du portail parcourt tout le passage à l’ouverture, puis tout le refoulement. La longrine doit donc couvrir les deux, plus quelques dizaines de centimètres pour la butée et le jeu de fermeture.
| Largeur de passage | Longueur de longrine indicative (rail) |
|---|---|
| 3 m | environ 6,5 m |
| 3,5 m | environ 7,5 m |
| 4 m | environ 8,5 à 9 m |
| 5 m | environ 10,5 à 11 m |
Ces valeurs servent à préparer un terrassement, pas à commander un portail. Mesurez le vantail réel sur la fiche technique : un modèle acier de 4 m de passage mesure par exemple 4,35 m hors tout chez un grand distributeur, pour 161 kg.
Coulez d’un seul tenant. Une reprise de bétonnage au milieu de la course crée un point faible, où la longrine fissure et tasse en premier. Si le chantier oblige à couler en deux fois, la reprise se fait avec des armatures en attente qui traversent le joint.
Pour un autoportant, la longueur du massif est celle que donne la notice, dans la zone de refoulement. Ce refoulement est plus long que sur rail : SIB le chiffre à 1,4 fois la largeur du passage, plus 70 mm, pour son modèle. Vérifiez qu’aucun regard, aucune racine ni aucun réseau enterré ne se trouve sous l’emplacement du massif.
La profondeur : hors gel et sur bon sol
Le gel fait gonfler l’eau contenue dans le sol, qui soulève tout ce qui est posé trop haut. Une longrine soulevée par endroits devient une montagne russe : le portail force à la montée, part seul à la descente, et le moteur s’use. La notice Jardimat le dit sans détour : la profondeur de la fondation doit répondre aux exigences climatiques, c’est-à-dire la profondeur hors gel, ainsi qu’aux contraintes géologiques du terrain.
La profondeur hors gel varie selon la région et l’altitude. Elle va d’environ 50 cm sur le littoral atlantique et méditerranéen à 80 ou 90 cm dans l’Est et le Centre-Est, et augmente encore en montagne. La mairie, un maçon local ou un fournisseur de matériaux connaissent la valeur pratiquée dans la commune.
La seconde condition est le sol porteur. Une terre végétale, un remblai récent ou une ancienne tranchée de réseau ne portent pas : on les purge jusqu’au terrain en place. Sur une parcelle de lotissement, l’allée longe souvent la tranchée des branchements, et c’est précisément là que les longrines tassent. En terrain argileux ou en remblai épais, faites valider la fondation par un professionnel : c’est le cas où un dallage ordinaire ne suffit plus, comme pour une dalle portée.
Le ferraillage et le béton
Une longrine fonctionne comme une poutre enterrée. Si le sol cède sous une portion, c’est l’acier qui l’empêche de casser et de fléchir. Elle se ferraille donc toujours, même pour un portail léger.
- Creusez la tranchée à la profondeur hors gel, avec un fond plat et propre. La largeur se règle sur la cage d’armatures et sur la notice du moteur, qui doit pouvoir se fixer sur le même béton.
- Posez une cage d’armatures filantes, du type vendu pour les semelles de maison, sur des cales en béton pour qu’elle ne touche ni le fond ni les parois. L’acier enrobé de béton ne rouille pas ; l’acier au contact de la terre, si.
- Recouvrez les jonctions de cages sur une longueur suffisante et ligaturez-les : deux cages simplement mises bout à bout ne travaillent pas ensemble.
- Passez les gaines avant de couler (voir plus bas).
- Coulez un béton de fondation dosé pour cet usage, en une fois, en le vibrant ou en le piquant pour chasser l’air autour des aciers.
- Réglez le dessus au niveau, à la règle, sur toute la longueur.
Les sections d’acier et la largeur exacte relèvent du calcul dès que le portail est lourd, le sol médiocre ou la longrine supporte aussi des poteaux. Au-delà d’un portail acier de grande largeur, ou en terrain douteux, faites vérifier la fondation par l’installateur ou un bureau d’études, notice en main.
Le dessus de la longrine : niveau, rail et seuil
La notice Jardimat pose la condition en une phrase : le portail s’installe sur un seuil fini, stable, plat et rectiligne sur toute la surface de débattement. Tout défaut de niveau du béton se retrouve dans la course du portail. Contrôlez le dessus à la règle de maçon et au niveau, sur toute la longueur, avant que le béton ne tire.
Le rail se pose ensuite, aligné à la règle, chevillé ou scellé selon la notice. Sa position par rapport au pilier n’est pas libre : chez ce fabricant, l’axe du rail se place à 61 mm du pilier, pour que le vantail recouvre l’ouverture et que le guide haut travaille droit. Une autre marque donnera une autre cote. Si un poteau de guidage est prévu, la même notice demande de laisser une réservation de 110 × 110 mm dans la maçonnerie.
Deux finitions coexistent pour le seuil. Le rail en saillie, posé sur la longrine, s’entretient facilement mais crée un ressaut. Le rail encastré, noyé à fleur d’allée, impose une évacuation de l’eau vers un drain, faute de quoi la gorge gèle en hiver.
La gaine du moteur : à poser avant de couler
Un portail motorisé reçoit son moteur au sol, près du pilier, sur le béton de la fondation ou sur un massif dédié. Le câble d’alimentation et, souvent, celui des photocellules arrivent par en dessous. Les gaines doivent donc être en place avant le coulage, coudées pour sortir à l’emplacement du moteur.
- Prévoyez deux gaines plutôt qu’une : l’alimentation d’un côté, la commande et les cellules de l’autre. Une gaine en attente de plus coûte quelques euros et évite de saigner le béton le jour où l’on ajoute un visiophone ou un éclairage.
- Repérez l’emplacement du moteur sur la notice de la motorisation, pas sur celle du portail. La hauteur de la crémaillère et la distance au vantail dépendent du moteur choisi ; Jardimat précise d’ailleurs que les dimensions de son massif sont indicatives et doivent être vérifiées selon la motorisation.
Si la motorisation n’est pas encore choisie, coulez quand même les gaines, et laissez une surface de béton plane assez grande pour les différents modèles du marché.
Les erreurs qui font dérailler le portail en deux ans
- Une longrine trop courte. Le portail roule correctement fermé et ouvert, mais la roue arrière sort du béton en bout de course : le rail plie à cet endroit.
- Une fondation trop haute. Hors de la zone hors gel, la longrine bouge d’un hiver à l’autre ; le défaut apparaît après le premier gel sérieux, rarement avant.
- Un béton posé sur la terre végétale. Il tasse de façon irrégulière, surtout au droit des anciennes tranchées.
- Une pose trop rapide. Des chevilles serrées dans un béton qui n’a pas durci éclatent le bord de la longrine ; attendez plusieurs jours, davantage par temps froid.
- Un pilier qui bouge. Le guide haut est fixé dessus : un pilier faible laisse le portail vibrer au vent. La question se pose avec la même acuité qu’avec un portail battant plein, voir notre page sur le festonnage d’un portail.
Une fondation bien faite ne se voit plus jamais. Une fondation ratée, elle, se paie à chaque ouverture, et elle se refait en démontant tout le portail.
Questions fréquentes
Quelle longueur de fondation pour un portail coulissant sur rail ?
La longrine court sous tout le trajet des roues : la largeur du passage, plus la zone de refoulement où le portail se range, plus une marge pour la butée. Pour un passage de 4 m, on coule donc une longrine d'environ 8,5 à 9 m, d'un seul tenant et de niveau.
Quelle profondeur pour la fondation d'un portail coulissant ?
Le fond de fouille doit descendre sous la profondeur hors gel du lieu, qui va d'environ 50 cm en climat doux à 80 ou 90 cm dans l'Est, et plus en montagne. Il doit aussi atteindre un sol porteur : une terre végétale ou un remblai récent se purgent jusqu'au bon sol.
Faut-il ferrailler la longrine d'un portail coulissant ?
Oui. Une longrine est une poutre enterrée : une cage d'armatures filantes l'empêche de fissurer et de fléchir si le sol tasse localement. Les sections d'acier dépendent du sol et du poids du portail ; une cage de semelle filante du commerce convient le plus souvent en maison individuelle, en terrain sain.
Combien de temps attendre avant de poser le rail et le portail ?
Le temps que le béton durcisse assez pour recevoir des chevilles sans éclater, soit en général plusieurs jours, davantage par temps froid. On ne fait rouler un portail lourd et on ne serre les fixations du moteur qu'une fois ce délai écoulé. La notice du ciment et celle du portail donnent la référence.
Un portail autoportant a-t-il besoin d'une fondation ?
Oui, mais pas sur toute la course. Il faut un massif en béton dans la zone de refoulement, sous les deux chariots de galets. Ce massif sert de contrepoids au vantail en porte-à-faux : son volume et la position des chariots sont imposés par la notice du fabricant.
Sources et méthode
- Notice de pose « Coulissant standard motorisé, gamme Classic » (Jardimat, réf. JA0969-C) : seuil fini, stable, plat et rectiligne ; profondeur de fondation hors gel ; dimensions du massif indicatives, à vérifier selon la motorisation ; entraxe du rail à 61 mm du pilier
- Fiche technique du portail autoportant Arial C (SIB) : pas de longrine, socle béton à fonction de contrepoids pour les deux galets ; refoulement égal à la largeur du passage × 1,4 + 70 mm
- Présentation technique du portail coulissant acier Cazals (Lapeyre) : 128 à 161 kg pour 3 à 4 m de passage
- Règles de profondeur hors gel des fondations superficielles (NF DTU 13.1 et cartes départementales), à confirmer en mairie ou auprès d'un maçon local