En bref

  • Deux vis principales : la vitesse de fermeture, qui gouverne la course de 180° à 15°, et l'à-coup final, qui gouverne les quinze derniers degrés.
  • Ne tournez jamais plus d'un quart de tour à la fois, et ne dévissez jamais une vis complètement : elle peut sortir et le groom se vide de son huile.
  • Une porte qui claque se règle sur l'à-coup final, pas sur la vitesse principale.
  • Un groom qui suinte de l'huile est hors service : il ne se répare pas, il se remplace.

Un groom — ou ferme-porte — est un vérin hydraulique : un ressort ramène la porte, un circuit d’huile freine son mouvement. Les vis de réglage n’agissent pas sur la force du ressort mais sur le passage de l’huile, donc sur la vitesse. C’est ce qui explique la plupart des réglages ratés : on cherche à corriger une force avec une vis de vitesse.

Les vis, et ce que chacune gouverne

Elles sont généralement sur le côté ou en façade du boîtier, numérotées ou repérées par un symbole.

La vitesse de fermeture, souvent notée 1. Elle gouverne la course principale, de la position ouverte jusqu’à une quinzaine de degrés de la fermeture. C’est elle qui décide si la porte revient lentement ou rapidement.

L’à-coup final, souvent noté 2. Il gouverne les quinze derniers degrés. C’est le coup de pouce qui comprime le joint et engage le pêne dans la gâche. Trop faible, la porte reste entrouverte ; trop fort, elle claque.

La temporisation, notée 3 quand elle existe. Elle maintient la porte ouverte quelques secondes avant que la fermeture ne commence. On la trouve sur les modèles destinés aux locaux accessibles, pour laisser le temps de passer.

Une règle vaut pour les trois : sur la grande majorité des modèles, visser ralentit. La convention n’est pas universelle, d’où la méthode qui suit.

La méthode, en quatre gestes

Un quart de tour à la fois. Ces vis sont sensibles ; un tour complet fait passer d’un extrême à l’autre.

Tester après chaque quart de tour. Ouvrez la porte à 90°, lâchez-la, observez.

Ne jamais dévisser complètement. C’est l’erreur qui tue un groom : sur beaucoup de modèles, la vis finit par sortir de son logement et l’huile s’échappe. L’appareil est alors définitivement perdu.

Régler la vitesse principale d’abord, l’à-coup final ensuite. L’inverse oblige à tout reprendre.

Un repère de bon réglage : la porte met quatre à six secondes pour revenir de 90° à la fermeture, et se verrouille sans bruit sec.

Les quatre symptômes courants

SymptômeCause probableCe qu’on règle
La porte claqueà-coup final trop fortvis 2, ralentir
Elle reste entrouverteà-coup final trop faiblevis 2, accélérer
Elle revient trop vitevitesse principale trop rapidevis 1, ralentir
Elle n’arrive pas au boutforce insuffisante ou frottementvoir ci-dessous

La porte qui claque est le cas le plus fréquent, et on se trompe souvent de vis : ralentir la vitesse principale ne change rien au claquement, puisque celui-ci se produit dans les derniers degrés.

La porte qui n’arrive pas au bout demande un diagnostic avant tout réglage. Débranchez le bras du groom, fermez la porte à la main : si elle accroche, le problème est mécanique — un frottement sur le dormant, un joint trop épais, une porte affaissée — et aucun réglage ne le corrigera.

La force : ce que la vis ne règle pas

Un ferme-porte est dimensionné pour une largeur et une masse de porte données. La norme européenne classe ces appareils par force, d’une valeur faible pour une porte étroite et légère à une valeur élevée pour une porte large et lourde.

Sur les modèles à force fixe, aucune vis n’y change quoi que ce soit : si le groom est sous-dimensionné, il faut le remplacer.

Sur les modèles à force variable, la force se règle de deux façons selon les fabricants : par une molette ou une vis dédiée, distincte des vis de vitesse, ou par la position du bras — un bras monté en applique classique ne développe pas la même force qu’un bras à glissière.

Vérifiez la largeur de votre porte avant d’acheter : c’est la donnée qui détermine la force nécessaire, davantage que le poids pour les portes intérieures courantes.

Quand le groom est mort

Trois signes ne trompent pas.

Il suinte de l’huile, sur le boîtier ou le long du bras. Le circuit hydraulique n’est plus étanche. C’est irréparable : le vérin est scellé, l’huile ne se remplace pas.

Il ne freine plus du tout et la porte claque quel que soit le réglage. L’huile est partie ou les clapets internes sont usés.

Les vis n’ont plus d’effet. Le circuit est bouché ou les vis sont sorties de leur portée.

Le remplacement est simple : à taille équivalente, les entraxes de perçage sont souvent compatibles, ce qui évite de reboucher et de repercer. Prenez une photo du groom en place et de ses cotes avant de le déposer.

Un mot sur les portes coupe-feu

Si la porte est une porte coupe-feu, le ferme-porte fait partie du dispositif et sa présence est obligatoire — le retirer ou le débrancher supprime la fonction de compartimentage.

Le remplacement doit alors se faire par un modèle certifié compatible, et le réglage doit garantir que la porte se ferme complètement et s’engage dans la gâche. Ce n’est plus du confort, c’est de la sécurité : dans un immeuble collectif, cette porte est prévue pour contenir un incendie le temps de l’évacuation.

En cas de doute sur le statut d’une porte palière ou d’une porte de local technique, la question se pose au syndic avant d’y toucher.

Questions fréquentes

Dans quel sens tourner les vis d'un groom ?

Sur la grande majorité des modèles, visser ralentit et dévisser accélère. Cette convention n'étant pas universelle, procédez par quart de tour et testez à chaque fois. Ne dévissez jamais une vis jusqu'au bout : sur beaucoup de ferme-portes, elle peut sortir de son logement et l'huile s'échappe, ce qui met l'appareil hors service définitivement.

Pourquoi ma porte claque-t-elle en se fermant ?

Presque toujours à cause de l'à-coup final réglé trop fort. Cette seconde vis gouverne les quinze derniers degrés de la course, ceux qui servent à vaincre le joint et à engager le pêne. Ralentissez-la par quart de tour. Si le claquement persiste au minimum, vérifiez l'absence de joint sur le dormant : sans lui, rien n'amortit l'arrivée.

Ma porte ne se ferme pas complètement, que faire ?

Trois causes par ordre de fréquence : l'à-coup final trop faible pour vaincre le joint et engager le pêne, une force du ferme-porte insuffisante pour la largeur de la porte, ou un frottement mécanique — porte qui touche le dormant ou le sol. Vérifiez d'abord ce dernier point en fermant la porte à la main, groom débranché du bras.

Peut-on réparer un groom qui fuit ?

Non. Un ferme-porte est un vérin hydraulique scellé : l'huile perdue ne se remplace pas et les joints internes ne sont pas accessibles. Un modèle qui suinte a perdu son amortissement et le perdra complètement. Le remplacement est la seule issue, et il se fait généralement sur les mêmes perçages si l'on reste sur une taille équivalente.

Sources et méthode

  • Notices de réglage publiées par les fabricants de ferme-portes
  • Principes de la norme européenne sur les ferme-portes et de la classification des forces