En bref

  • On relève trois largeurs et trois hauteurs sur l'ouverture finie, enduits compris, et on retient la plus petite de chaque : un mur de rénovation n'est jamais d'équerre.
  • Sur une cloison en plaque de plâtre, la verrière se fixe dans les montants ou dans un renfort posé à l'avance, jamais dans la plaque seule.
  • Trempé ou feuilleté sont tous deux des verres de sécurité : le trempé se brise en petits fragments, le feuilleté reste en place, retenu par son film.
  • Le verre seul pèse 2,5 kg par m² et par millimètre : environ 15 kg/m² en trempé de 6 mm comme en feuilleté 33.2 (deux verres de 3 mm), avant l'acier du cadre.

Une verrière intérieure se pose dans une ouverture déjà finie, d’aplomb, et se fixe différemment selon le mur : chevilles dans la brique ou le béton, vis dans les montants ou un renfort sur une cloison en plaque de plâtre. Tout se joue avant la pose, au relevé des cotes : sur une fabrication sur mesure, un centimètre d’erreur ne se rattrape ni au joint ni au couvre-joint. Le choix du verre, trempé ou feuilleté, vient ensuite.

Le relevé : six cotes, sur l’ouverture finie

Un mur de rénovation n’est jamais d’aplomb ni d’équerre. On ne prend donc pas une largeur et une hauteur, mais trois de chaque.

La largeur : en haut, au milieu, en bas de l’ouverture. On retient la plus petite.

La hauteur : à gauche, au centre, à droite. On retient la plus petite.

Les deux diagonales, d’un angle à l’autre. Si elles diffèrent nettement, l’ouverture n’est pas d’équerre : signalez-le au fabricant, qui prévoira un jeu de rattrapage plus large ou un cadre adapté.

Ces cotes se prennent sur l’ouverture définitivement finie. Un enduit de 10 mm sur chaque tableau fait perdre 20 mm de largeur, et un carrelage posé après remonte le sol. Le jeu de pose entre le cadre et la maçonnerie est fixé par le fabricant dans sa notice ; c’est lui qui dit combien retrancher à vos cotes, et c’est la question à lui poser avant de commander.

Pleine hauteur, sur muret ou à la place d’une porte

ConfigurationFixationsPoint de vigilance
Pleine hauteur, du sol au plafondSol, plafond et deux tableauxPlafond plan ; un faux plafond en plaque demande un renfort
Sur muret ou allègeArase du muret et tableauxArase de niveau, à reprendre au mortier si besoin
Dans une baie existante, porte déposéeTableaux et linteau existantsAplomb des tableaux, souvent faux dans l’ancien
Avec porte intégréeComme pleine hauteur, plus la porteSens d’ouverture et débattement à décider avant la commande

La verrière sur muret est la plus courante en cuisine : elle garde un plan de travail ou un meuble bas côté cuisine, et réduit la surface vitrée, donc le poids et le prix.

Quand la verrière comporte une porte, son sens d’ouverture se décide comme pour n’importe quelle porte, et se décrit de la même façon au fabricant : voyez porte poussant droit ou gauche. Vérifiez aussi qu’une porte voisine ne vient pas battre contre un montant.

Fixer selon le mur

Brique, parpaing, béton. Chevilles adaptées au matériau, réparties le long des montants et des traverses selon la notice. C’est le cas le plus simple.

Cloison en plaque de plâtre. C’est là que la pose se joue. Une plaque seule ne tient pas durablement un cadre vitré qui travaille à chaque choc. Deux solutions : visser dans les montants métalliques de la cloison, repérés au détecteur, ou poser un renfort bois entre les montants avant de fermer la cloison. Si elle est déjà fermée et qu’aucun montant ne tombe au bon endroit, il faut l’ouvrir. Certains fabricants proposent des cadres d’habillage qui se vissent directement sur les tableaux, sans percer la verrière elle-même ; la question du support reste entière.

Béton cellulaire. Chevilles spécifiques à ce matériau ; une cheville à expansion classique le déchire.

Le sol. Sur une chape, cheville adaptée. Sur un plancher bois, vis dans une solive. Sur un plancher chauffant, aucun perçage sans plan du réseau : on fixe alors en tableaux et au plafond seulement, ce qui limite la largeur. Sur une dalle portée, l’endroit où l’on perce compte aussi, comme l’explique notre page sur la dalle portée et ce qu’on peut y percer.

Si l’ouverture est à créer dans un mur porteur, c’est un autre chantier, qui précède tout : le linteau béton et son dimensionnement, confié à un bureau d’études.

Trempé ou feuilleté : ce qui change vraiment

Les deux sont des verres de sécurité, conçus pour limiter les blessures en cas de casse. Ils ne cassent pas de la même façon.

Le verre trempé a subi un traitement thermique qui le rend plus résistant aux chocs. Cassé, il se fragmente en petits morceaux peu coupants, et le vitrage tombe. Plusieurs fabricants de verrières le fournissent en standard : Atelier Verrière, par exemple, indique que tous ses verres sont trempés, à joint poli.

Le verre feuilleté assemble deux verres collés par un ou plusieurs films plastiques. La désignation 33.2 signifie deux verres de 3 mm et deux films PVB de 0,38 mm. Cassé, il se fissure mais reste en place, retenu par le film.

Le choix dépend de l’emplacement. Au-dessus d’un plan de travail, près d’un passage d’enfants ou sur un grand vitrage en hauteur, un verre qui reste en place a l’avantage. Sur une verrière sur muret dans un séjour, un trempé convient. Certains contrats d’assurance habitation posent des conditions sur les vitrages : c’est une clause à vérifier avant la commande.

Verre feuilleté acoustique : utile si la verrière ferme une chambre ou un bureau, mais le gain reste limité par les jeux autour du cadre. Verre dépoli ou cannelé : pour une salle d’eau, sans changer le principe de sécurité.

Le poids, à calculer avant de choisir le mur

Le verre pèse 2,5 kg par mètre carré et par millimètre d’épaisseur. Un trempé de 4 mm pèse donc 10 kg/m², un trempé de 6 mm 15 kg/m², un feuilleté 33.2, qui compte 6 mm de verre plus ses films, un peu moins de 16 kg/m².

Il faut y ajouter le cadre. En acier, les profilés de verrière sont souvent faits de cornières ou de tôles pliées de 3 mm, comme chez Atelier Verrière ; plus il y a de traverses et de petits bois, plus le cadre pèse. Une verrière pleine hauteur de 3 m² en feuilleté porte ainsi près de 50 kg de verre avant l’acier. C’est ce chiffre qui disqualifie la cheville pour plaque seule.

L’ordre des opérations

  1. Créer ou reprendre l’ouverture, linteau compris, et laisser sécher.
  2. Mettre les tableaux d’aplomb : enduit, tasseaux ou bande selon le support. Une verrière ne rattrape rien.
  3. Faire le sol fini avant la pose. Un parquet posé après bute sur les montants, et la jonction devient impossible à faire proprement, comme le montre notre page sur la jonction carrelage-parquet.
  4. Relever les six cotes, ouverture finie.
  5. Commander, en comptant le délai de fabrication annoncé par le fabricant.
  6. Poser le cadre, à deux : un cadre pleine hauteur est encombrant. Calage, mise d’aplomb au niveau, fixation.
  7. Poser les vitrages si le cadre est livré sans, puis les parcloses.
  8. Calfeutrer et habiller : mastic acrylique, couvre-joints.

Un fabricant compte deux à trois heures pour poser un cadre dans une ouverture prête, et au moins une journée quand le mur est à préparer.

Quatre erreurs qui apparaissent après coup

Mesurer avant les finitions. Les enduits et le carrelage mangent les centimètres que la commande avait comptés.

Faire confiance à la plaque de plâtre. La verrière tient le premier jour ; les fixations s’arrachent avec les années et les chocs de porte.

Choisir le verre au prix. Un vitrage qui tombe en morceaux au-dessus d’une plaque de cuisson n’est pas le même risque qu’au-dessus d’un buffet.

Multiplier les petits bois sans penser à l’entretien. Chaque traverse est une arête à dépoussiérer, et en cuisine, une arête à dégraisser.

Verrière ou porte vitrée

Si le besoin est de séparer sans fermer, la verrière fixe suffit. S’il faut fermer, pour le bruit, les odeurs de cuisine ou une chambre, elle ne résout rien seule : il faut une porte. Une verrière avec porte intégrée, ou une porte vitrée à galandage qui disparaît dans la cloison, répondent à ce besoin ; le montage et les pièges de la seconde sont détaillés dans notre guide sur la pose d’une porte à galandage.

Questions fréquentes

Comment poser une verrière intérieure sur du placo ?

En vissant dans les montants métalliques de la cloison, repérés au détecteur, ou dans un renfort bois posé entre les montants avant fermeture de la cloison. La plaque seule ne tient pas durablement le poids d'un cadre vitré. Si la cloison est déjà fermée et qu'aucun montant ne tombe au bon endroit, il faut l'ouvrir pour poser le renfort.

Faut-il un verre trempé ou feuilleté pour une verrière ?

Les deux sont des verres de sécurité. Le trempé, que plusieurs fabricants de verrières fournissent en standard, se brise en petits fragments peu coupants qui tombent. Le feuilleté se fissure mais reste en place, retenu par son film. Au-dessus d'un plan de travail, près d'un passage d'enfants ou sur un grand vitrage, le feuilleté a l'avantage.

Combien de temps faut-il pour poser une verrière ?

Un fabricant compte deux à trois heures pour poser un cadre dans une ouverture déjà prête, et au moins une journée complète quand il faut préparer le mur. La création de l'ouverture, le linteau et les finitions de sol s'ajoutent et se font avant.

Une verrière peut-elle remplacer un mur porteur ?

Non, jamais. Une verrière est une menuiserie, pas une structure. Si l'ouverture est pratiquée dans un mur porteur, un linteau dimensionné par un bureau d'études est posé avant, et la verrière vient s'inscrire dessous.

Faut-il une autorisation pour poser une verrière intérieure ?

Pas dans un logement individuel. En copropriété, la question ne se pose que si l'ouverture touche un mur porteur ou une partie commune : le règlement de copropriété et l'assemblée générale tranchent.

Sources et méthode

  • Atelier Verrière, fiche conseil « La pose d'une verrière en intérieur » : supports admis, verres trempés à joint poli, cornières acier de 3 mm, durée de pose (consultée le 03/10/2026)
  • Masse volumique du verre plat, 2 500 kg/m³, soit 2,5 kg par m² et par millimètre d'épaisseur (calcul des masses de vitrage)
  • Désignation normalisée des verres feuilletés : 33.2 = deux verres de 3 mm et deux films PVB de 0,38 mm